Polycarpe Gob'Log

"Sans la pêche à la mouche, la vie serait une erreur"
Frédéric Guillaume Nieutzeucheux



Orellana 2009

polycarpe | 14 mars, 2010 22:18

 

Un petit compte rendu de ma semaine à Orellana, il y a seulement un an (pas du tout en retard !)

Je vais passer sur le malheureux concours de circonstance qui fit que j'oubliais presque tout mon matériel mouche et que je cassai ma canne à mouche à la prise du premier brochet (pris au premier lancer !). Ce fut l'occasion pour moi de découvrir la pêche au big bait, enfin pour être précis, j'ai pêché pendant quatre jours avec le même leurre un buster jerk coulant coloris « poisson clown », surnommé comme il se doit Nemo. Eh bien le Nemo, il n'était pas beau à voir au bout de quatre jours. Car il a sacrément plu au brochet et d'une manière indiscutablement significative plus que tous les autres leurres utilisés par mon coéquipier.

Et surtout il m'a valu du bord cette superbe femelle de plus d'1m 05 (évaluéé à 1m 10 mais sans mesure exacte, je préfére l'évaluation basse), prise du bord dans une anse peu profonde.

 

Ici on distingue le poisson qui repart dans son élément.

 

Cela a été aussi l'occasion de pêcher, avec Stéphane. Je ne dirai pas tout le bien que j'en pense en tant que guide mais je trouve que c'est vraiment une chance de pêcher avec un tel passioné, c'est l'occasion d'en apprendre beaucoup en peu de temps.

Une matinéé mémorable: l'eau était extraordinairement claire, on se croyait dans un aquarium: nous vîmes des carpes énormes, des brochets, des black bass... Celui ci avait posé deux fois le nez sur mon streamer puis s'était éloigné, dans un superbe coup de ligne Stéphane le prit. Notez l'obésité de ce poisson.

 

Un brochet à la mouche à vue.

 

Un doublé, chose assez inhabituelle en France mais très fréquente en Espagne....

 

 

Une belle partie au black bass dans un autre lac avec des poissons encore bien grassouillet mais de couleur différente.

 

 

 

 

bonefish

polycarpe | 19 mai, 2009 19:34

Il y a quelque chose de presque douloureux à voir un de nos vieux rêves se réaliser. D' abord la réalité n'est jamais telle qu'imaginée. Il se peut même qu'elle soit encore plus envoûtante que ce que nous avions prévu mais c´est un nouveau danger qui nous guette alors: tout étant éphémère, comment supporterons nous la fin de ce rêve et quel nouveau désir viendra alors peupler nos songes  ?
Il y a bien longtemps que je rêve de pêche dans de l'eau claire de poissons puissant et rapides, de cannes qui se courbent à l'extrème de moulinets qui se déroulent sans fin... Il y a longtemps que je rêve de flats et de bonefishs. Maintenant ce rêve s'est réalisé et il s'est niché dans un écrin de ma mémoire comme un objet très beau et précieux.

Voici quelques images et quelques impressions de cette pêche.

La havane


le flat est semblable à un immense lac de plusieurs milliers d'hectares  où la profondeur est de quelques dizaines de centimètres nous sommes sur une petite  barque que le guide conduit avec une perche (j'ai essayé, c'est physique !). La pêche se fait uniquement à vue, soit on se poste entre deux îlots  soit on croise des poissons. Dans tous les cas il faut alors lancer deux ou trois mètres devant le poisson, stripper la mouche, pas trop vite ni trop saccadée l'animation, alors le bonefish vient chercher la mouche. On ferre en tirant sur la soie. Le poisson part alors dans un rush très rapide, on accompagne la soie qui file, il ne faut surtout pas mettre de trop de pression sinon c'est la casse ou bien le décrochage. La bagarre se fait tranquillement, deux ou trois rushs (difficile d'évaluer la longueur de backing sortie... Je dirais jusqu'à soixante mètres) et quelques bonnes tirées en approchant du bateau, en quelques minutes le poisson est rendu. Je n'ai pas trainé pour les photos, ces poissons donnent tout ce qu'ils ont, il faut soigneusement les réanimer.

Un bone qui repart, remarquez bien la caudale profilée ! 

 

Bon, tout cela c'est la théorie, dans la pratique j'ai fait toutes les fautes possibles et imaginables pour louper un bonefish. La première chose c'est qu'il faut du temps pour habituer ses yeux et repérer les poissons. Il faut alors souvent se fier au guide, c'est lui qui dira "onze heures, vingt mètes", "strippe". J'en ai perdu beaucoup ainsi, je voulais à tout prix voir les poissons avant de lancer, mais le temps de repérer enfin le poisson et il avait filé. Car ces poissons sont diablement rapides. Et aussi méfiants, ils ne pardonnent guère les erreurs... mouvement, brusque, vibration anormale, mouche posée trop près, dès qu'ils s'approchent du bateau à moins de dix mètres ils repèrent le danger. Je crois que le pire pour moins aura été de ne pas lever la canne au ferrage ou même pendant le premier rush. Le premier jour sur une trentaine de bonnes occasions, je n'ai réussi à en convertir que deux, et ce n'est qu'au troisième jour que j'ai réussi à mieux voir les poissons, faire moins d'erreurs et surtout être moins fébrile. Il y a deux autres situations de pêche: lorsque l'on repère en banc en tailing et les milkies, le banc en tailing, on le voit de très loin, je n'en ai observé qu'en fin d'après midi, cinq en tout et pour tout. On l'approche prudemment et on ne lance surtout pas la mouche dans le banc  mais deux trois mètres dans la direction que semblent prendre les poissons. quand les poissons sont à côté de la mouche on strippe. Le milky est ce qui est le moins intéressant: dans une zone plus profonde, l'eau est trouble sur quelques mètres carrés, ce sont des poissons qui se nourrissent, on lance dedans, ce n'est qu'avec pas mal d'insistance que j'ai pris mon plus petit bone dans un milky.
La principale difficulté outre voir les poissons est de lancer vite avec une précision suffisante malgré un vent soutenu. Cela nécessite une bonne maitrise de la double traction.

 

Un de mes plus beaux bones, le guide m´a dit six livres, s´il en faisait quatre c´est déjà bien...


Mon guide a été exigeant sur les mouches, rejetant une bonne partie de celles que j'avais montées, il s'avére que j'ai pris du poisson même avec ces mouches, cela étant j'ai eu quelques refus avec du bleu ou du jaune.
J'ai croisé pas mal de barracudas, environ quatre ou cinq par jours, j'avais une canne préparée à leur intention mais le temps d'attraper la canne et de lancer et il était trop tard, sauf une fois pour un poisson qui m'a paru énorme, il a tout de suite attaqué ma mouche l'a ratée une fois deux fois puis il a mis un grand coup d'accélérateur, il a devancé la mouche s'est retourné et a coupé devant les quarante centimètres d'acier... Celui-là, je le poursuis encore la nuit, en rêve.
Nous avons vu une fois un banc de permits, j'ai coupé le bas de ligne acier sur la soie de 9, monté un crabe et nous avons poursuivi le banc mais il nous a distancé sans que je n'ai pu leur lancer la mouche.
J'ai aussi pêché les tarpons dans la mangrove. nous nous sommes enfoncé dans d'étroits chenaux dans les palétuviers pour atteindre des trouées plus larges et espérer des tarpons, j'en ai vu beaucoup, de belles taille en moyenne pour des baby, disons de deux à quinze kilos. J'en ai ferré six et tous ce sont décrochés, il y en a même un qui en sautant s'est retouvé quelques instant suspendu dans les branches de palétuviers... Diables de poissons.
Voilà ce fut une pêche absolument passionante, je ne m'en veux même pas d'avoir été trop nerveux et d'avoir moins bien pêché que ce que j'aurai dû.

La suite pour un prochain papier...

Alfredo aux prises avec des crustacés...

Nicaragua

polycarpe | 02 février, 2009 21:11

En août 2006, accompagné de deux amis, pêcheurs aussi acharnés que moi, nous nous sommes rendus en Amérique Centrale pour traquer le tarpon en eau douce. Je parle bien de tarpons adultes et non de baby car dans le fleuve San Juan ainsi que dans le lac Nicaragua, le plus grand lac d’Amérique Centrale, on trouve des tarpons adultes toute l’année. A ma connaissance, personne ne sait très bien pourquoi ces poissons sont présents à longueur d’année en eau douce. Certains pensent qu’il y a à la fois des poissons migrateurs et des poissons qui ne quittent jamais l’eau douce. Le mystère reste irrésolu.

Et ce n’est pas dans le but de le résoudre que nous sommes venus mais seulement avec l’espoir de capturer quelques beaux spécimens. les choses n’ont pas bien commencé ; nous avons subi la perte de nos bagages, corollaire fréquent d’un si long voyage (vols Paris Madrid puis Madrid San Jose au Costa Rica puis quatre heures de route jusqu’à la frontière du Nicargua puis descente du Rio Frio jusqu’à la "Esquina del Lago", le lodge situé à la confluence du Rio Frio avec le lac Nicaragua tout à côté du Rio San Juan par lequel le lac se déverse dans l’océan Atlantique). Grâce aux efforts de Philippe Tisseaux, le propriétaire du lodge, nous avons retrouvé nos bagages le troisième jour. Et, heureusement, en attendant nous avons pu pêcher avec le matériel qu'il nous a prété.

Tarpon qui saute.

Tous les matins nous partions sur notre bateau, petit mais bien adapté pour trois en compagnie du guide Chele et de son frère Walter. Nous avons consacré 6 journées à la pêche du tarpon. Pour l’essentiel nous avons pratiqué la traîne avec des Rapala Super Shad Rap (poissons nageurs adaptés à la profondeur du fleuve qui ne dépasse guère les trois mètres). Ce n'est certes pas ce que nous affectionnons le plus, mais comme c’est la technique la plus efficace et que notre objectif premier était que chacun se mesure à un beau tarpon, nous avons bien dû nous résoudre à la pratiquer copieusement. Le premier jour nous eûmes plusieurs tapes et je ferrai un poisson qui se décrocha à l'issue de son premier saut. Le deuxième jour fut vierge de toute attaque sur nos leurres. Calés sur les banquettes, bercés par le ronronement du moteur nous avons souvent somnolé.

traine lente....

Il faut dire que les journées de pêche ne sont soumises à aucun horaire "syndical", le départ se faisant au jour et le retour au crépuscule du soir. Bien loin de nous décourager, nous avons tenté tout ce que nous pouvions pour améliorer notre piètre rendement. Ainsi, pendant que le bateau descendait ou remontait le fleuve en trainant les Rapala nous avons lancé tous les leurres dont nous disposions. C’est ainsi que Serge a tenu pendant une heure un beau poisson, estimé à soixante kilos. Il a été leurré par un poisson nageur destiné au bar, un b’freeze. Les triples, d’origine, ont tenu, mais c’est le shock tippett, pourtant neuf, qui a fini par céder... Franchement cela commençait à ressembler à une malédiction: le seul tarpon bien ferré, certes sur des hameçons à bar, nous avait usé le shock tippet 100 centième neuf jusqu'à le faire céder. Ce fut d'ailleurs la seule touche obtenue au prix de ces heures où nous nous relayions pour lancer. Nous avons aussi tenté le vif, tout aussi simplement que si nous pêchions le brochet, un flotteur, un bas de ligne, un hameçon, un vif, le tout à une échelle adaptée au tarpon. A la fin d'une matinée consacrée à cette technique un tarpon a pris l'un des appâts, il a foncé droit sur le bateau, a sauté pour atterrir sur la proue du bateau et ainsi se décrocher. A quelques centimètres près Eric recevait un poisson d'une quarantaine de kilos lancé à pleine vitesse. Après coup, nous en avons bien ri en parodiant la célèbre scène "Des bronzés": il a fait "bip bip" on a fait "meuh" et un tarpon en sautant lui a brisé les cervicales... Comme pour nous narguer un peu plus, par deux fois, nous avons pu vérifier qu’il y avait vraiment du poisson : un jour nous en avons vu des dizaines qui marsouinaient sur le fleuve, journée pourtant vierge de touches, et un autre matin, nous avons vu quelques chasses impressionantes, ce sera ce matin là qu’Eric en perdit un après une dizaine de minutes de combat, les nouveaux triples soit disant solides du Super Shad étaient ouverts...

Notre bateau sur les rives de Solentiname.

Le troisième jour nous avons changé de menu, nous avons consacré notre journée à la pêche dans le lac, autour des îles de Solentiname. Là ce n’est plus le tarpon que l’on pêche mais des poissons beaucoup plus petits et beaucoup moins connus : Rainbow bass, mojarra, machaca. La technique de pêche est elle aussi bien différente: armé de lancers légers nous dérivons le long de la berge des îles et nous lançons nos leurres vers tout ce qui peut ressembler à un poste. Dans la journée nous avons pris soixante-quinze poissons à trois. Comme ils sont les seuls à dépasser le kilo les Rainbow bass (une espèce de cichidé que l'on ne trouve que dans quelques lacs d'Amérique Centrale) sont les plus intéressants. Leur défense rappelle celle d'un bar, peut-être avec un rapport poids puissance supérieur.

Rainbow-bass

C'est d'ailleurs pourquoi Philippe, qui a tendance à chercher les lignes légères pour le tarpon, préconise un matériel assez costaud pour cette pêche. Nous en avons capturé une quinzaine, le plus gros pesait sept livres. Les leurres efficaces sont des cranck bait qui rasent le fond. Et je crois qu'à ce jeu la gamme Lucky craft, du CB Mighty au CB 350 a étonné notre guide. Une seule espéce de ces petits carnassiers peut être traquée au leurre de surface, éventuellement à la mouche (quoique à la mouche on peut aussi traquer les autres espèces mais avec bien moins d'efficacité), il s'agit du machaca qui ressemble a une alose avec des dents (un shock tippet conséquent est obligatoire car tous ces poissons ont des machoires "armées") a une défense très énergique ponctuée de cabrioles aériennes mais eux non plus n'étaient guère mordeurs.

Chele et un Machaca.

 

Revigorés par cette partie, nous sommes repartis à la recherche des gros tarpons, nous sommes descendus plus en aval du San Juan, mais sans guère plus de succès. Il faut dire qu'à part les tarpons, il n'y a guère d'alternatives : le guide a vite délaissé les postes à snooks car la saison des pluies avait trop chargé les eaux. Il y a bien une bonne population de gars ou poissons crocodiles qui atteignent des tailles respectables. Cependant ces poissons ne mordent pas très bien au leurre artificiel. Eric en a capturé deux et nous avons pu vérifier que leur défense était très décevante; une bonne touche puis il se laisse ramenener gentiment, une fois au bateau ils se débattent. Les guides nous ont assurés qu'ils attaquaient et vu leur impressionante dentition, on comprend leur méfiance (on voit bien sur la photo que le guide tient la gaffe du bout des doigts et attend qu'en se débattant le poisson retire par lui-même le leurre).

gar ou poisson crocodile.

Nous finîmes par capturer deux tarpons d'une trentaine de kilos. Comme les poissons étaient pour le moins chipoteurs, Philippe avait demandé au guide de laisser traîner les Super Shad loin du bateau. A tour de rôle nous prenions en main une canne à lancer qui permettait de faire traîner un quatrième poisson nageur près du bateau. C'est sur cette canne de la "dernière chance" que nous avons touché deux poissons, dont un par la nageoire dorsale, les deux derniers jours. Et au terme de belles bagarres comme les tarpons savent en livrer, ces deux là ont été capturés. Précisons que tarpons et gars sont toujours relâchés et que les rainbow bass ont la malchance, pour eux, d'avoir une chair délicieuse...

un tarpon...

Il ne nous restait plus que le pénible trajet du retour serrés entre la portière et les tubes, mais ce n'est là qu'un menu détail en regard du principal désagrément : la pêche fut creuse ; si nous comptons comme « touches » les occasions où nous eûmes la canne en main un tarpon au bout de la ligne et bien cela se produisit six fois avec deux poissons capturés, le plus décevant est qu'un de nous n'a pas capturé de tarpon, il faut bien dire aussi que nous nous sommes largement ennuyés pendant ces heures d'attente, comme le disait Eric au retour "je m'allonge et j'ai encore le bruit du moteur dans les oreilles". Quelles sont les raisons de cet insuccès? Difficile à dire avec certitude. Est-ce la saison, si la température était agréable, le temps était souvent couvert avec quelques averse et les guides nous ont bien dit que le grand beau temps était le plus favorable pour le tarpon ? Est-ce seulement la malchance, le caractère capricieux des tarpons? En tout cas pour un aussi long voyage, le risque de faible succès est bien réel.

Notre "restaurant" du midi.

 

 










Paques en Extremadur

polycarpe | 31 mars, 2008 15:10

Je viens de pêcher trois jours au sud est de l'Espagne avec l’organisation «Pesca Extremadura ».

Les conditions s’annonçaient vraiment catastrophiques : refroidissement (les températures avaient baissé de 10 degrés en une semaine) et vent.

Le premier jour cela soufflait tellement qu’il semblait déraisonnable de prendre un bateau. Nous avons donc pêché du bord. Au bout de quelques minutes je compris qu’il y avait là une densité extraordinaire de poissons : à deux, en quelques minutes, nous avons touché une dizaine de brochets sur le même poste. Par un tel temps, je laissais la canne à mouche pour utiliser des leurres : les plus efficaces furent le b’freeze et l’ondulante. Les poissons pris faisaient entre 50 et 78. Toute à la fin de la journée Stéphane a trouvé une fosse, avec de très gros leurres souples à environ huit mètres il a piqué deux « petites » femelles d’environ 85 cm. Nous nous apprêtions à l’imiter dans cette technique mais une bonne averse nous a fait courir jusqu’à la voiture.

La deuxième journée, il y avait un peu moins de vent. Nous avons tout d’abord exploré un poste à gros poissons, après avoir essayé toute sorte de leurres sans résultats Stéphane a fait deux poissons en deux lancers avec ce très gros leurre :

 

Avec ce leurre le plus gros poisson du séjour: 95 cm! 

 

Ensuite nous avons pêché des anses du lac, l’une d’elle où l’eau était claire nous rapporta une quantité vraiment impressionnante de poissons (au moins une quarantaine de touches)

Pour le dernier jour, nous avons pêché le black-bass en float-tube, j’ai commencé à pêcher au leurre puis après quelques prises et encore plus de ratés,

 

 je suis passé à la mouche ce qui m’a valu ce poisson de 2 kilos 200.

Enfin le soir nous passons au dessus d’un pont nous apercevons dans les radiers en amont et en aval des dizaines de barbeau, il ne semble pas y avoir de poissons de moins de deux kilos et assurément certains dépassent les dix livres. Ces poissons semblent actifs. Pourtant nos tentatives au leurre ou à la mouche avec des nymphes et des streamers se solderont par un échec cuisant.

En conclusion, outre la densité de poisson et les possibilités qui semblent presque infinies, l’organisation Pesca Extremadura (http://www.pescaextremadura.com/nous autant leur faire de la pub, ils sont 100% no-kill) a donné une entière satisfaction en tout point (le logement, pratique et à deux pas de l’embarcadère, les repas etc) ; derrière la faconde et l’humour de Michel le patron, il y a un grand professionnalisme visant à satisfaire ses pêcheurs. Je tiens aussi à remercier Stéphane notre guide : disponibilité, compétence, modestie, caractère à la coule. Bref, j’ai un seul très gros regret à émettre : trois jours de pêche là-bas, c’est bien trop court. A notre départ le vent était tombé et les brochets étaient redevenus vraiment mordeurs (sachant qu’avec les mauvaises conditions nous avons attrapé une bonne vingtaine par pêcheur et par jour…).

Pyrénées août 2007

polycarpe | 25 mars, 2008 23:48

Au mois d’août 2007, j’ai passé presque trois semaines dans les Pyrénées : Haute Garonne, Ariège, et Espagne : Val d’Aran, Alta Ribagorça, Pallars Sobira. Principalement, j’ai fait de la randonnée.

 

Mais, bien entendu, les cannes n’étaient jamais loin. Randonner permet aussi de repérer les lacs qui semblent les mieux pourvus en poissons actifs.



C’est ainsi que j’ai pu faire une pêche comme jamais je n’avais pu en faire en lac de montagne. J’étais passé une première fois sans canne observant toutes ces truites vraiment grosses pour un lac de montagne (pas loin de cinquante pour les plus grosses farios) gobant tranquillement en bordure. Je suis revenu deux jours plus tard en possession du coto de ce lac. Elles étaient un peu moins actives mais j’ai fait une pêche passionnante : la première que j’ai attaquée gobaient des touts petits chiros pourtant elle refusa mon cdc de 20 monté sur du 10%. En désespoir de cause je lui proposai une sauterelle montée sur du foam. Je l’avais fabriquée d’après un article de feu Jean Teysserre  dans feue la revue plaisir de la pêche. Je pose la mouche, je fais vibrer les pattes en élastiques et la truite prend. Superbe combat ponctué de nombreux sauts. Je la mesure approximativement avec l’écart de mes doigts : plus de 45 cm.

Jamais je n’avais fait un tel poisson en montagne. Je la photographie et la relâche, sous les interrogations de touristes (il est d’ailleurs amusant de voir l’étonnement des non pêcheurs quand ils assistent à la remise à l’eau d’un poisson). J’ai une pensée pour M. Teysserre, que j’admirais beaucoup et qui, comme moi, aimait être accompagné de ses chiens quand il pêchait.

Pendant les heures qui suivirent, c’est en nymphe, à vue et un peu au fil, que j’ai poursuivi cette magnifique partie.

Puis il y eut du vent et de gros diptères tombèrent dans le coin le plus venté et profond du lac, là cela devint facile,

je pris encore quelques poissons puis je montai vers un autre lac plus grand.

Dans ce lac je pris difficilement deux petits poissons. Deux Espagnols pêchaient, vainement d’après ce que je vis, au vairon. Je redescendis alors vers le premier lac pour attraper encore deux jolis poissons en nymphe.



J’ai pêché aussi la Garonne à Arties, beaucoup de poissons mais aucun au dessus de 30. Dans le grand no-kill en aval de Vielha, j’ai vu des poissons d’au moins 50 dans certains trous. Les eaux étaient hautes et troubles mais j’ai pris huit poissons entre 25 et 35. Et puis pour le dernier coup de ligne, j’ai pris sur un minuscule cdc une truite de 45, contrairement aux truites de lac elle était maigre et un peu « tordue » mais elle m’a donné bien du mal pour la prendre et donc bien du plaisir.


Pour être complet j’ajouterai que j’ai passé aussi un fort bon moment sur un lac au-dessus de Luchon, une éclosion d’éphémères rendait les truites (jusqu’à environ 30cm) gobeuses, en revanche dans les torrents je n’ai fait que des riquettes.

Je ne peux terminer sans cette remarque : sur la partie française de la Garonne (Fos, Saint-Béat) il y a plein de pêcheurs au toc, au vairon qui se plaignent « qu’il n’y a plus que des petites » (et on va les satisfaire en mettant la maille à 18, pourquoi 18 alors qu’on sait qu’elles ne se reproduisent pas avant 30). En Espagne, dans la même rivière on peut pêcher des gros poissons pour une somme modique. Il faut aussi dire que j’ai croisé en quelques jours plus de gardes qu’en une vie entière en France.

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